Rallye National du Sainte-Baume 2014
BOURCIER, et de six !
Malgré une pluie de forfaits de dernière minute, ce sont finalement 86 équipages qui s'élancent de la cité phocéenne pour ce 30e millésime, avec, en guise de mise en bouche, la première étape, aux deux-tiers disputée en nocturne, avec respectivement deux passages dans « Le Grand Caunet » (7 Kms), « Nans les Pins » (5.5 kms) et « L'Espigoulier » (11.3 kms).
Fort de sa solide expérience au niveau national, Mathieu Margaillan (Skoda Fabia S2000) sonne le coup d'envoi avec 5s d'écart sur la Peugeot 207 S2000 du local Richard Bourcier, multiple vainqueur de l'épreuve méridionale. Habitué des « one-shot » mais aussi des coups d'éclat, le virtuose Julien-Alexandre Courchet (Peugeot 207 S2000) confirme son talent en pointant à 11s7, et 7 dixièmes devant la valeur sûre Stéphane Ciaramitaro (Peugeot 207 S2000). Seulement, la nuit fera du déchet, puisqu'outre le leader actuel, Courchet fera également les frais de cette première journée cruelle pour la mécanique, à l'instar également de Jonathan Vargas (Peugeot 306 S16, F2000-14), jusqu'alors 4e, qui renonce en fin d'étape, de même que le 6e provisoire, le Provençal d'origine mais Lot-et-Garonnais d'adoption, Pascal Cloitre (Subaru Impreza 555, FA8). Bourcier rentre donc en virtuel médaillé d'or sur le bord des plages de La Ciotat le vendredi soir, pour 9s3 face à Ciaramitaro, loin d'avoir dit son dernier mot. En revanche, le trou est d'ores et déjà creusé par rapport au troisième homme, Guy Mottard (Peugeot 306 Maxi, FA7K), qui accuse un déficit de plus d'une minute.
Le lendemain, l'entame est pour le moins rude, avec le juge du paix du Rallye, la mythique montée de la Sainte-Baume suivie d'une descente piégeuse ; une portion de 17.52 kms où le Rallye peut être définitivement joué. Sans oublier les redoutables « Rougiers » (12.09 kms) et « Bastides » (6.95 kms). Effectivement, Ciaramitaro dévore à pleines dents les deux premières, revenant à 2s7 de la tête de course, avant que Bourcier lui dérobe l'assiette, et se fâche tout rouge dans le deuxième passage de La Sainte-Baume. Il poursuivra sur sa lancée jusqu'à l'ultime hectomètre, pour rentrer victorieux à La Ciotat pour la sixième fois. Si pour le gain du bronze, Guy Mottard a fait preuve d'une régularité parfaite, en revanche pour les places d'honneurs, beaucoup y ont laissé des plumes. A commencer par l'impressionnant Thierry Troïano (Citroën C2 S1600, A6K) victime des affres de la mécanique (ES 10), voire Jean-Christian Abbruzzino (Peugeot 106 Maxi, A6K) dans la suivante. Du coup, c'est l'acrobate Pierre Escartefigues, qui, n'en finissant plus d'étonner, hisse son R5 GT Turbo (F2000-14) au pied du tiercé gagnant, taclant la Peugeot 208 VTI (R2) de Patrice Rouit. Malmené par l'inoxydable Alain Viano (Peugeot 206 Maxi, F2000-14), Laurent Levis (Renault Clio R3) lui souffle la 6e place pour 3 dixièmes. Revenu en trombe en fin de parcours, au gré notamment d'un retentissant 2e chrono dans l'ultime ES, Rémi Galleron (Renault Clio RS, F2000-14) en conclut au 8e rang, face à la redoutable Renault Clio Williams (F2000-14) de Loïc Levis. Bruno Barthelemy (BMW 318 IS) referme le cercle restreint du Top Dix.

Groupe A: Le monopole des S2000

Avec 4 S2000 au départ, difficile d'imaginer autre scénario qu'une monopolisation de la hiérarchie de la part de ces dernières. Et bien que 50 % d'entre elles aient succombé le vendredi soir, Bourcier et Ciaramitaro s'en sont donné à cœur joie, sans que Mottard ne puisse s'immiscer dans leur débat. Le premier cité lorgne évidemment et également sur la Classe A7S, tandis que le troisième constitue le seul représentant de la A7K.
En A8W, Marc Reboa (Subaru Impreza WRC) n'a pas dépassé le premier parc d'assitance. Avec le retrait de Cloitre, la A8 se retrouve orpheline d'une pièce maitresse de son puzzle. C'est donc à Nicolas Schifano (Mitsubishi Lancer Evo 8) que revient la palme, disposant d'un excédent substantiel sur la Subaru Impreza STI d'Yves Murcia.
Maxime Bouchard (Renault Clio Ragnotti) et Luc Minassian (Citroën BX Sport) ayant coupé en retraite, Camille Gubernati (Renault Clio RS) voit une voie royale s'ouvrir devant lui, Sébastien Morellini (Renault Clio Williams) ne pouvant rivaliser.
Avec Troïano et Abrruzzino au tapis, Michel Farnaud (Citroën Saxo Kit Car) s'offre l'opportunité, sans que Jean-Christophe Federecci (Citroën Saxo VTS) ne puisse l'inquiéter, ni même Frédéric Gianati (Peugeot 206 XS), celui-ci ayant rejoint la liste des abandons entre l'ES 7 et 8.
En A6, Yoann Faur (Citroën Saxo VTS) relègue à des années lumières l'autre Saxo VTS d'Hervé Ghigo.
La A5 tombe dans l'escarcelle de Claude Joyeux (Peugeot 106 XSI).
Groupe N: RICCI en rescapé

Débarrassé prématurément de la menace constituée par Quentin Ribaud (Renault Clio Ragnotti), Louis Ricci (Renault Mégane RS) est l'auteur d'une domination hégémonique. Sébastien Florès (Peugeot 106 S16) ayant également quitté la scène, c'est donc le conquérant de la N2, Fabrice Lagier (Citroën Saxo VTS) qui suit, devant son homologue Junior Galaup (Suzuki Swift).
Au terme de l'abandon de Laurent Luddeni (Peugeot 106 XSI), Gilles Lempereur (Peugeot 205 Rallye) s'offre un récital d'une tonalité à l'acoustique déconcertante en N1, devant Damien Quarroz (Citroën AX GTI) et Jean-Jacques Peyre (Peugeot 205 Rallye).

Groupe F2000: ESCARTEFIGUES, épique !

Que dire de la performance de premier ordre d'Escartefigues et son GT Turbo volant, si ce n'est que le Marseillais a de nouveau déjoué les pronostics. Malgré avoir puisé au fond de toutes ses ressources, Galleron s'incline pour deux dixièmes face à Viano pour le dauphinat du Groupe F2000 et de la Classe 14.
Portant allègrement le F2000 et la Classe F2000-13 jusqu'à son abandon, Sébastien Delors (Peugeot 206 RC) a tout de même marqué les esprits. Bruno Bianchini (Peugeot 106 S16) ayant également disparu des tablettes, c'est le Rhônalpin Fabien Cassagne (Citroën Saxo VTS) qui se voit sacré en F2000-13.
Nicolas Sonnerat (Citroën Saxo VTS) ne fait pas de détails en F2000-12, tout comme Vivian Cuguillère (Citroën C1 Cup) dans la petite cylindrée.
Groupe R: ROUIT impérial

Bien que malmené par Laurent Levis, Rouit conserve sa sérénité, qu'il mixe avec une certaine dose d'attaque pour rafler la mise en Groupe R. Alain Mondiot (Peugeot 208 R2) complète le podium. En R1, il suffit à Terry Folb (Citroën DS3) de ramener l'auto à bon port : mission remplie.

Groupe GT : PANAGIOTIS sans aucun doute

Laurent Lacomy (Porsche 997 GT2) pas dans le coup et ayant finalement rendu les armes, Jean-Yves Panagiotis (Porsche 996 GT3) ramène le trophée à La Ciotat. Quant à Alain Féraud (Hommell RS 2), il se taille la part du lion en GT9, ne souffrant d'aucune contestation émanant d'Etienne Chapin (Hommell RS2) ou de Jean-Jacques Reynaud (Lotus Elise).


Dommage pour Sylvie Guige et Maud Manès (Renault Clio Williams), qui, contraintes d'abdiquer tout près du but (mécanique) voient la Coupe des Dames leur échapper, ainsi que le privilège de faire partie des 47 rescapés.

Couplé au Rallye Moderne, le 21e Rallye VHC de la Sainte-Baume voit l'Alpine A310 de Gilles Brignol trustait le vedettariat, après que Marc Valliccionni ait vu le moteur de sa Renault 5 Turbo 2 partir en fumée. Respectivement 2e et 3e, Frédéric Chambon (Porsche 930 Turbo) et Gérard Swaton (Porsche Carrera 2.7), eux non plus, n'ont pas ménagé leurs efforts.

Prochain Rendez-vous : le 24 Mai au Rallye du Val Dadou (81).

Texte et photos : PQ47