Rallye Régional des Côtes de Garonne 2014
Mathias DE SOUSA dans un vent favorable
Alors que les premiers rendez-vous de la Saison 2014 ont fait grise mine, le Rallye des Côtes de Garonne semble être épargné par la morosité ambiante. En effet, avec 93 équipages au départ du Parc des Vergers de Langon (33), l'épreuve de l'Entre-Deux-Mers rencontre sa meilleure audience depuis sa renaissance début 2003, et ce, que ce soit sous le format National ou celui du Régional sous lequel il évolue depuis maintenant cinq ans. Du côté des prétendants à la gagne, là aussi le plateau est fort relevé. Venu remettre son titre en jeu, Christophe Duigou (Mitsubishi Lancer Evo 9, A8) honore d'emblée son statut, en reléguant Mathias De Sousa (Subaru Impreza STI N15, R4) à 11s6 au terme des deux premières spéciales, « Mourens » (8.3 kms) et « Verdelais » (5.3 kms). En proie à une pièce de boite de vitesses défaillante, Frédéric Purrey (Mitsubishi Lancer Evo 9, A8) concède de précieuses secondes, perdant tout espoir de victoire. Quant à Yannick Lacouture (BMW 318 Compact, F214), adepte de ce tracé sinueux constituant son terrain de prédilection, il s'affirme dès les premières encablures comme le troisième homme, malgré l'attaque monumentale de Yoann Rougier (Subaru Impreza STI, A8), qui bute au pied du trio de tête pour quatre dixièmes. La boucle suivante préfigure donc des piques guerrières entre les deux prétendants, hélas ce duel haletant est rapidement hypothéqué par la sortie du second cité quelques mètres après le départ de l'ES 3. Pendant ce temps, Duigou creuse l'écart, avant que la mécanique le trahisse (Mitsubishi Lancer Evo 9, A8) et bouleverse le scénario ronronnant de la première boucle. De Sousa hérite du alors du commandement. Son excédent significatif sur la BMW pourpre et or des époux Lacouture lui permet d'envisager sereinement la conquête du titre suprême en résolvant l'équation d'un dosage de son pilotage sans pour autant se reposer sur ses lauriers. Mais sur le plan de la performance pure, Purrey, revenu du diable-vauvert, jubile littéralement. Il en va de même pour Lacouture, qui en conclut en trombe, mais pas suffisamment pour contrer le jeune Charentais, en totale osmose avec son Impreza. Désormais habitué des coups d'éclat, Cédric Orillac en fait de nouveau une démonstration de choix, en se parant de bronze au volant d'une Saxo Kit Car (A6K) renaissante et animé par une motivation décuplée. Sur ses terres, il se paie le luxe de faire la nique à la C2 S1600 (A6K) de Florian Cordillot. Sur leur Renault Clio R3, les époux Phélippeau ont également cravaché ferme pour s'insérer dans un Top 5 convoité par la Renault Clio 3 RS (A7K) du Poitevin Philippe Rageau, qui vient mourir à 3 dixièmes. L'autre affrontement avec la Renault Clio RS (F2.14) d'Eric Sauteur, 7e, n'a également pas été de tout repos. Entre le Périgourdin et l'incisif Laurent Lembèye (Peugeot 106 Maxi, F2-13), 9e, s'intercale la Mitsu' de Purrey, tandis que la performance du jour est sans nul doute à attribuer à Alexis Grenier, 10e avec une Citroën Saxo VTS F2-13 de loin la moins robuste de sa catégorie.

Groupe A: ORILLAC a la niaque !

Associé à Cédric Nicolau, le tandem girondo-palois frappe de nouveau un grand coup, tant au Groupe qu'à la Classe A6K. Cordillot ne peut d'ailleurs suivre leur rythme endiablé. En s'ornant de bronze, Rageau récolte le fruit d'un parcours sans faute, et, de surcroit lauréat en A7K, conforte son avance dans la quête aux points pour la Finale rochelaise.
Après le retrait de Duigou et Rougier, Purrey se console avec la Classe A8 dans son escarcelle. Il est à noter également l'excellente prestation de Cédric Lassalle (BMW 325i), 14e au général. S'alignant aux commandes de son originale Fiat Punto Diesel, Michel Hayet s'adjuge un podium. En A7, Antoine Hommeau (Renault Clio Ragnotti) s'élance en favori avant de rendre son carnet de bord, et cède le leadership à Laurent Sivadier (Renault Clio 16S). Le Charentais, quant à lui, mène harmonieusement à la baguette la Renault Clio Williams de Jean-Philippe Rousseau et la Peugeot 306 S16 de Franck De Wilde ; Yohann Frelaut (Peugeot 206 RC) étant parti à la faute.
La A6 s'annonçait comme la catégorie la plus disputée. Thibault Mulon (Citroën Saxo VTS) au tapis au bout de 800 mètres, Rémi Frégeac (Peugeot 106 S16) prend le meilleur élan pendant que Guillaume Roget (Peugeot 106 S16) et Julien Reigniez (Citroën Saxo VTS) se toisent pour les places d'honneurs. Finalement, les positions demeurent inchangées jusqu'à l'arrivée finale.
Tant en A5K qu'en A5, Stéphane Vesvre (Peugeot 106 Rallye) et Aurélien Fréjefond (Peugeot 106 XSI) évoluent en solitaire, notamment après le retrait de Jérémy Brissiaud (Peugeot 106 XSI).
Groupe N: DE WILDE en apothéose

Transcendé par son exploit de la Fougère, Damien De Wilde (Peugeot 106 S16) démontre une nouvelle fois sa pointe de vitesse. Au terme d'une bagarre très ouverte, Geoffrey Georgevitch (Renault Clio Ragnotti) tire les marrons du feu pour le gain de la place de dauphin et de la N3, où il parvient à contrecarrer les ambitions du tir groupé constitué par Aline Chollet et Loïc Bordanova, tous deux sur Clio Ragnotti, et ce malgré avoir été ralenti par la sortie du concurrent le précédent (ES 4).
En N4, Cédric Veyssière poursuit l'apprentissage de sa Subaru Impreza STI.
En toute logique, De Wilde crève l'écran de la N2. Sébastien Dablanc et Loïck Bennevault, tous deux sur Citroën Saxo VTS doivent donc se cantonner à de la figuration, mais sur le papier uniquement, car les deux représentantes de la marque aux chevrons ont bel et bien croisé le fer avec virulence jusqu'au dernier hectomètre.
Petite classe mais gros cœur pour Jérôme Boissout (Peugeot 106 XSI) en 1300, qui grille la politesse à une pléiade de bolides autrement mieux aguerris que sa Lionne. Auteurs d'un mano-à-mano jusqu'au boutiste, Jean Caillé (Peugeot 106 Rallye) et Stéphane Bailloux (Peugeot 205 Rallye) n'ont également pas démérité, et en terminent dans cet ordre.

Groupe F2000: LACOUTURE sans rature

Au terme d'une saison 2013 quasiment vierge de résultats en raison d'une mécanique récalcitrante, le Castillonnais revient au plus haut degré sur les devants de la scène, faisant du F2000 son pré carré. Sauteur ne peut l'inquiéter, ni même le virevoltant Lembèye.
Le vainqueur de Groupe s'octroie par la même occasion, et naturellement, les lauriers en F2000-14 ; catégorie où Christophe Lacure pointe le museau de son inédite Fiat Punto GT au troisième rang, et dans le Top 12 du classement général.
En F2000-13, Lembèye doit passer la surmultipliée pour contenir les assauts d'Alexis Grenier, auteur d'un début de saison tonitruant. Jonathan Gros était pourtant parti pour leur voler la vedette dans l'ES 1, hélas une fuite d'huile l'a contraint à rendre les armes trop tôt. En embuscade, Dany Rossignol (Peugeot 106 16S) subit le même sort, permettant finalement à Maxime Barbé (Citroën Saxo VTS) d'hériter du tiercé gagnant.
En F2000-12, la messe est vite dite au regard de l'écrasante domination des époux Compagnon (Peugeot 106 S16). Christophe Drouaud (Peugeot 106 16S) et Billy Galin (Peugeot 205 Rallye), peu avare en attaque, suivent.
Groupe R: DE SOUSA sur tous les fronts

Face à une concurrence féroce, De Sousa bluffe l'auditoire au général, et par la même occasion en Groupe R. Phélippeau se taille la part du lion en R3, tandis qu'en R2, la pénalité de Romain Favreau (Citroën C2 R2 Max) consécutive à une mécanique capricieuse propulse sous le feu des projecteurs les C2 R2 d'Aurélien Pion et Thomas Vergines, dont le premier cité tire profit de l'harponnage féroce auquel ils se sont livrés.
Pas de soucis pour Didier Helwin (Citroën DS3) en R1 après la sortie de route de Maurice Aladenise (Renault Twingo RS), jusqu'alors dominateur.

Groupe GT : DUMONT malchanceux

Victime d'une sortie dès l'ES 1, Emmanuel Dumont (Porsche Cayman) ne peut rallier l'arrivée finale.




Les week-ends se suivent et se ressemblent pour Aline Chollet et Pauline Boyer qui empochent une nouvelle fois la Coupe des Dames.

Prochain Rendez-vous : les 5-6 Avril à la Course de Côte de Bagnols-Sabran (30), manche d'ouverture du Championnat de France de la Montagne 2014.

Texte et photos : PQ47