Rallye National de la Vienne 2014
Simon PAGENAUD par K.O.
Profitant d'une trêve dans son calendrier de pilote professionnel, le pistard Simon Pagenaud, natif de la Vienne, a pour l'occasion loué une des Peugeot 207 S2000 du Team FJ, afin de prendre part à son seul rendez-vous rallystique annuel. Sur ses terres châtelleraudaises, le pilote IndyCar, associé à Emmanuel Dechatre, a surclassé ses adversaires.
Et pourtant, la concurrence relevée ne laissait aucune part à la quiétude dans la quête du Graal. Outre les époux Michel et Carole Morin inaugurant leur splendide Ford Fiesta S2000 acquise durant la trêve hivernale, les vétérans Jean et Françoise Galpin (Subaru Impreza S8 WRC) ainsi que les hommes du cru tels Thierry Boisdron (Renault Mégane Maxi, F2-14), Sébastien Berjot (Lotus Exige Cup 255, GT10), ou Anthony Cosson (Renault Mégane RS, N4) s'affirmaient prêts à s'engouffrer dans la moindre brèche les menant au sommet de la hiérarchie.
Effectivement, dans l'ES 1 « Les 3 Communes » (20.55 kms), Boisdron n'accuse qu'1s2 de déficit sur Pagenaud. Seules 2s le séparent également du couple Morin. Or, c'est véritablement dans l'ES suivante, « Pays Châtelleraudais » (10.8 kms), que le pilote de la Lionne fait parler l'expérience, en collant 5s3 à son poursuivant direct. Yannick Patier (Subaru Impreza STI, N4) émerge du lot dans cette même spéciale, s'immisçant ainsi parmi le trio de tête. Peu enclin à accuser le coup à domicile, Sébastien Berjot décuple ses forces dans « Les 3 Communes » 2 en claquant le 2e chrono absolu, repoussant les ardeurs de Patier pour le gain du 3e rang général. Dans son sillage, Boisdron en fait de même. Hélas, la célèbre Lotus verte ne quittera pas le Parc d'Assistance de Châtellerault à l'issue de cette deuxième boucle, suite à des freins défaillants. Un retrait à déplorer tant la lutte tripartite l'opposant à ses deux rivaux s'annonçait belle. Déchainé, Thierry Boisdron poursuit sur un rythme endiablé, un peu trop même, puisqu'une erreur dans l'ES 6 se révèle fatale à ses espoirs de podium. Allant fortissimo au fil des kilomètres, Anthony Cosson finit par croquer Patier, qui à l'entame de la boucle nocturne, n'a d'autre alternative que repartir sur une stratégie d'attaque. Mais le pilote Renault prend la poudre d'escampette, et confirme son exploit derrière les intouchables S2000 de Pagenaud et Morin. Patier bute ainsi au pied du podium, tandis que Boisdron, 5e, peut nourrir de gros regrets. 6e, Nicolas Hernandez (Renault Clio RS, F2-14) parvient à contrer les 4 Roues Motrices d'Olivier Ortholan (Mitsubishi Lancer Evo 8, N4) et Ugo Girardeau (Mitsubishi Lancer Evo 6, FN4). Enorme performance pour le jeune espoir du Comité Centre Sylvain Mahier, qui cueille sur le fil la Citroën DS3 R3 de Stéphane Rogeon pour le gain du 9e rang.

Groupe A: L'hégémonie des S2000

Sans contestation possible, Pagenaud précède Morin dans la suprématie du Groupe A. De retour au volant de sa très mélodieuse Peugeot 306 Maxi, Patrice Gaultier profite d'une série d'abandons pour mettre un podium dans sa breloque.
Transparents lors de la première boucle suite à des ennuis mécaniques, les époux Galpin finissent par renoncer à la demi-journée, laissant la Classe A8W vacante.
Luc Taveneau (Peugeot 207 S2000) ne peut suivre le rythme effréné de Pagenaud et Morin en A7S, et finit par se poser dans l'ES 5, se résolvant ainsi à un nouvel abandon.
Laurent Favreau (Subaru Impreza STI) fait figure d'épouvantail en A8, d'autant plus que son homologue Marc Duponchel (BMW 325i) est contraint à rendre les armes (mécanique).
Si Vincent Forès (Peugeot 206 RC) tient la corde en A7, il garde toutefois un œil attentif sur le virevoltant Olivier Thomas (Renault Clio Ragnotti). Hélas, la boucle de nuit est fatale aux duettistes, et Jean Blayon (Peugeot 206 RC) se voit propulsé au cœur d'un scénario identique au week-end précédent du côté de la Fougère (33). Antoine Faucheux (Renault Clio Williams) au tapis dès les premières encablures de l'ES 1, il ne reste guère que le Normand Sébastien Alleaume (Renault Clio 16S) sur ses arrières.
Unique animateur de la A6K, Raphaël Sébire (Citroën C2 S1600) augmentait peu à peu la cadence au général avant qu'une sortie de route hypothèque ses espoirs.
Déjà fort rapide en N1, le passage à l'échelon supérieur pour Thibault Mulon (Citroën Saxo VTS, A6) s'avère payant, puisque dès l'entrée en la matière, il creuse un écart substantiel avec son adversaire direct, Adrien Primault (Citroën Saxo VTS), pour ne plus être rejoint.
En A5K, Stéphane Vesvre (Peugeot 106 Rallye) barre la route à l'autre 106 Rallye de Jérôme Favre. De même, dans la petite cylindrée, Stéphane Pèlerin (Peugeot 205 Rallye) s'octroie le monopole face à Emmanuel Lecuona (Peugeot 205 Rallye).
Groupe N: Anthony COSSON prend du galon

Avec une poignée de favoris, le Groupe N et de facto la Classe N4 s'avérent comme les plus intenses sur le plan sportif. Si Yannick Patier tire le premier, il se toise par la suite avec Anthony Cosson, qui au terme d'un mano-à-mano viril lors de l'ultime boucle, finit par fondre sur la Japonaise bleue. Au regard de ce splendide bras de fer, Ortholan se voit cantonné au rôle d'arbitre, mais sa tâche n'est cependant pas été de tout repos, car Ugo Girardeau, une fois ses repères pris, revient à grands pas dans ses rétroviseurs, sans pour autant parvenir à atteindre ce dernier.
En N3, Sylvain Mahier peut se targuer d'être l'auteur d'un réel exploit, en s'immisçant dans le Top 10 au volant de sa Clio Ragnotti parmi de grosses pointures, sur un tracé de surcroit sec et plus favorable aux grosses cylindrées. La médaille d'argent est, quant à elle, l'objet de toutes les convoitises, et symbole d'une empoignade féroce entre le Normand Hervé Jean (Renault Clio Ragnotti) et le Vendéen Thierry Landais (Renault Clio Ragnotti). Le second cité rafle finalement le scalp.
La N2 tombe dans l'escarcelle de Geoffrey Labrousse (Peugeot 106 S16), coiffant la Saxo VTS du local Mathieu Lancereau (Citroën Saxo VTS).
En 1300, engagés dans une joute mémorable à l'actif du premier cité, Arthur Vay (Citroën AX GTI) et Thomas Baudin (Peugeot 106 XSI) finissaient par couper en retraite, cédant la couronne sur un plateau à Romain Fouquet (Peugeot 106 XSI).

Groupe F2000: BOISDRON à domicile

Dans son jardin, Thierry Boisdron fait du F2000 (et de la Classe F2000-14) son pré carré, maintenant à distance confortable la Clio RS d'Hernandez. Transcendant, Kévin Coignard (Peugeot 106 S16) confirme tout son potentiel exhibé fin 2013 à l'Automne-La Rochelle, en s'adjugeant le bronze du Groupe, et la palme en F2000-13. Frédéric Gobin (Citroën C2) et Dany Rossignol (Peugeot 106 XSI) acquiescent dans cet ordre.
En F2000-12, le rapide Philippe Jamain (Peugeot 106 XSI) s'affranchi des assauts de Loïc Pasquet (Peugeot 205 Rallye). William Fillin (Peugeot 205 Rallye) hérite de la troisième marche.
43e au général, Christophe Rault (Peugeot 106), seul représentant de la F2000-11, tire toute la quintessence sa Lionne.
Groupe R: ROGEON en osmose avec les chevrons

Au volant de sa Citroën DS3 R3, Rogeon se taille la part du lion après le retrait du Normand Steve Rousseau (Renault Clio R3) menant le bal. Il repousse habilement vers les places d'honneurs la Mitsubishi Lancer Evo 10 de Jean-Pierre Landron, lauréat en R4, et la Citroën C2 R2 Max d'Adrien Julien, meilleur performer en R2 au terme d'un chassé-croisé musclé avec la rutilante Peugeot 208 R2 de Fabien Labrousse.

Groupe GT : Thierry LAMBRE, inespéré

Suite aux abandons successifs de Steve Thabard (Renault Clio V6) et Sébastien Berjot (Lotus Exige Cup 255), le Laonnois Thierry Lambre (Rover MGF) récolte le fruit d'un parcours sans faute.



Seul équipage féminin engagé, Paméla et Valérie Meunier (Peugeot 205 Rallye) ont dû rendre leur carnet de bord, après avoir subi les affres de la mécanique, rejoignant ainsi une liste de 30 abandons sur les 89 Partants du centre névralgique du Rallye, le Parc des Expositions de Châtellerault (86).

Prochain Rendez-vous : le 15 Mars au Rallye 24 Dordogne Périgord (24).

Texte et photos : PQ47